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Témoignages de parents

Vous avez eu une expérience avec une sage-femme ? Vous souhaitez la faire partager avec d'autres mamans ? Voici quelques réactions reçues.

C'est la première personne qui a "aimé" notre bébé !
Un suivi de grossesse sans gynécologue
Notre sage-femme nous a accompagnés pour le "travail", à domicile
Accoucher à domicile ? N'est-ce pas dangereux ???

C'est la première personne qui a "aimé" notre bébé !

Au printemps 1997, j'appris que j'étais enceinte, pour la première fois. Je n'avais pas beaucoup d'idées de ce que je devais faire pendant ma grossesse. Une analyse de sang, et puis voir un gynécologue tous les mois me semblaient les seuls "passages obligés".

Malheureusement, mes différents contacts avec le monde médical me frustrèrent énormément.
De longues attentes, des examens de routine, pour m'entendre dire que tout allait bien, ce que je sentais parfaitement en moi, et très peu de temps pour dialoguer, pour parler de cette formidable aventure que je vivais.

Un peu par hasard, mon mari et moi sommes arrivés chez une accoucheuse indépendante, qui nous a proposé une "préparation affective à l'accouchement". Quelle surprise que cette première "consultation" ! Une maison accueillante, pas d'attente, un petit salon clair et confortable... Et une heure complète à parler de nous ! De notre propre naissance, de nos appréhensions face à l'arrivée de bébé, de nos questions...

Au second rendez-vous, une nouvelle surprise : la sage-femme se met à "parler" à notre bébé, avec ses mains et il lui répond en bougeant ! C'est la toute première fois que quelqu'un a considéré ce petit être comme vivant, comme un bébé, et non comme un objet à surveiller et à analyser. Nous sommes émus aux larmes : elle semble déjà l'aimer !

Les séances suivantes se passent dans cette merveilleuse ambiance de complicité et de confiance. Sans presque le remarquer, nous approfondissons des sujets comme la douleur, la visualisation du déroulement de l'accouchement, les jeux et la communication avec le bébé, et toujours, le dialogue et la tendresse envers lui.

J'aborde avec confiance l'accouchement qui se rapproche peu à peu.

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Un suivi de grossesse sans gynécologue

"La grossesse n'est pas une maladie" dit-on souvent. Pourtant, le monde médical est omniprésent pendant ces 9 mois. Bien sûr, il faut rester prudente et ne pas omettre certains contrôles "de base", mais est-on "obligée" de consulter un spécialiste tous les mois ? Doit-on réellement faire trois échographies (le bébé ne semble pas aimer cela du tout, à en juger par ses coups de pieds) ? Comment se fait-il qu'aux Pays-Bas, à quelques kilomètres de chez nous, les gynécologues soient réservés aux grossesses "à problème" et que tant d'accouchements se fassent à la maison ?

C'est alors que j'appris que les sages-femmes, outre leur rôle dans une préparation à l'accouchement (affective, aquatique, haptonomie,...) peuvent également suivre une grossesse, seules si tout se passe bien (dans 85% des grossesses) ou en parallèle avec un gynécologue (en cas de problème décelé chez la future Maman). Je demandai donc à mon médecin s'il ne voyait pas de contre-indication à ce que je fasse désormais suivre ma grossesse par la sage-femme. Il ne s'opposa pas à mon choix et me promit même de tout faire pour être là "en cas de problème".

Lors de chaque consultation, la sage-femme nous montre avec ses mains comment le bébé est placé, elle écoute son cœur à l'aide d'un "pinard", un curieux petit cornet en bois, et le fait écouter à mon mari, émerveillé. Avec grand sérieux, elle prend ma tension, m'examine le col (quelle douceur en comparaison avec mon gynéco!), mesure la hauteur de mon utérus, prélève quelques échantillons de mon sang pour le faire analyser,... Tout est normal, et ces examens suffisent amplement pour nous rassurer. En plus, il nous reste plein de temps pour parler, poser nos questions et même... jouer avec le bébé, dans mon ventre !

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Le suivi du "travail" à domicile

En fait, je ne souhaitais pas aller à la maternité pour le "travail" (quel vilain mot !). C'est donc une sage-femme libérale qui est venue chez nous, à la maison, avant de partir à la maternité pour y accoucher.

Vers deux heures du matin, cette nuit-là, je me suis réveillée sous l'effet des contractions. Apparemment, le grand jour était arrivé ! L'excitation montait en moi, et la nuit semblait ne jamais finir... Je me remis au lit, essayant de contrôler par la respiration les forces que la Nature avait déclenchées en moi. Je lui faisais confiance : elle avait tout prévu, depuis des centaines de génération, et je n'avais qu'à la laisser me guider à travers cette formidable aventure, que j'étais si curieuse de découvrir.

Je me rendais compte que les contractions devenaient de plus en plus fortes, avec les heures, et, curieusement, elles me paraissaient tout aussi supportables que les premières, comme si mon corps s'y adaptait progressivement. A six heures trente du matin, n'y tenant plus, j'appelai la sage-femme, qui arriva peu après. Nous avons pris un bon petit déjeuner ensemble, avec mon mari. Entre deux contractions, j'essayais de manger quelques bouchées de croissant, me disant qu'il serait utile de prendre des forces avant le marathon... Je ne croyais pas si bien dire !

Car il ne faut pas croire que cet accouchement se passa "comme sur des roulettes". Notre petit bébé, que nous attendions pour le début de l'après-midi, n'est arrivé que peu avant minuit. Il ne semblait pas vouloir tourner sa tête dans le bon sens, et les contractions le faisaient appuyer "sur les reins", ce qui est loin d'être agréable. La sage-femme redoublait de douceur et d'écoute pour nous tous. Elle m'a même fait des massages ! Les examens étaient réduits au minimum, juste pour surveiller la dilatationdu col et le rythme cardiaque du bébé (à l'aide d'un cornet en bois appellé "pinard").

Moi, je planais dans un autre monde. Les contractions, espacées, régulières, me demandaient de gros efforts de concentration pour y calquer ma respiration. C'est comme lorsque l'on ressent une crampe violente dans les mollets, en pleine nuit. On sait que l'on ne sentira plus rien après, que cela va passer, et on respire à fond pour qu'elle passe plus vite.

Au bout de 17 heures et malgré l'excitation du début, on commence à trouver que le marathon est long, très long. D'autant plus que l'on ne sait pas combien de temps cela va encore durer. Les forces semblent vous abandonner. Nous avons alors décidé de partir pour la maternité, distante d'une quinzaine de kilomètres seulement. Et comme par miracle, les contractions se sont rapprochées, devenant efficaces...

Lorsque je suis rentrée en salle d'accouchement (où notre sage-femme a pu nous accompagner), tout s'est déroulé suivant un scénario millénaire. Je connaissais un rôle que je n'avais jamais répété. Ma respiration se faisait tantôt haletante, tantôt sifflante, sans que je doive la contrôler. Je me laissais porter par la vague, avec la volonté farouche de faire venir mon bébé au monde. Notre sage-femme était plus que jamais à nos côtés. La poussée est une action instinctive, irrésistible, un soulagement car on sait que l'on est prêt du but. Un dernier sursaut d'énergie et puis c'est le moment merveilleux de serrer contre sa peau son tout petit, tout chaud, encore couvert de vernix.

Merci à Bénédicte, notre sage-femme, pour cet immense bonheur qu'elle a fait jaillir en nous et qu'elle a su protéger de toute intrusion.

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Accoucher à domicile ? N'est-ce pas dangereux ???

Accoucher à domicile ??? Pourquoi "prendre des risques", alors que les hôpitaux sont proches, nombreux, et que tout y est prévu pour que les accouchements se passent dans des conditions maximales de sécurité, pour la mère et pour l'enfant ? Pourquoi vouloir refuser à tout prix les bienfaits de la médecine ?

En Hollande, où les accouchements à domicile sont très répandus, les statistiques de santé des Mamans et des nouveaux-nés sont parmi les meilleures aux monde.

Lors d'un accouchement à domicile, la sécurité fait l'objet de toutes les préoccupations, en particulier dans les dernières semaines de grossesse, lors de la préparation avec la sage-femme. Pas question, en effet, d'accoucher à domicile si le moindre soupçon existe que la naissance ne se déroulera pas parfaitement. Les cas d'exclusion sont, par exemple, un accouchement prématuré, un bébé en siège, un placenta praevia, des problèmes de santé de la Maman, etc.

Les sages-femmes qui pratiquent l'accouchement à domicile sont extrêmement compétente, et elles bénéficient d'une longue expérience préalable en salle d'accouchement. De plus, j'ai le sentiment qu'avec les sages-femmes, les accouchements sont bien plus sûrs, car elles ANTICIPENT tout ce qui pourrait arriver. Elles utilisent leur sixième sens, contrairement aux médecins qui sont tout sauf proactifs... Ben oui, ils ont tout sous la main pour agir en urgence, alors ils ne doivent pas développer ce sens aigu pour détecter tout ce qui pourrait faire que ça tourne mal. Aucune sage-femme ne peut se permettre le moindre risque, et je me sens 1000x plus en sécurité entre leurs mains. Au moins, elles, elles nous regardent, elles n'ont pas le nez sur un monito ou un résultat d'analyse !

La sécurité, pour moi, signifie aussi l'intégrité de mon corps et le respect de ce que la Nature a décidé. Pas question, en effet, de provoquer la naissance, de presser la Maman d'accoucher plus vite (ou d'attendre le médecin !), d'utiliser ventouses ou forceps, de pratiquer l'épisiotomie systématique, de séparer le bébé de sa mère, etc. A la maison, en compagnie de la sage-femme, toutes les garanties sont là pour que la naissance se fasse le plus naturellement et le plus harmonieusement possible.

Et en cas de "problème" ??? C'est l'objection que j'entends le plus fréquemment. Pourtant, les problèmes sont rares au moment précis de l'accouchement, si toutes les précautions préalables ont été prises. La sage-femme possède un matériel médical qui lui permet d'intervenir en cas d'hémorragie, pour ranimer le bébé, etc. N'oublions pas qu'elle a une sérieuse formation en la matière. Si elle ne se sent pas à même de faire face à un problème sérieux, il ne faut que 15 minutes pour atteindre l'hopital. Combien de temps faut-il à un médecin de garde pour arriver en salle d'accouchement ?

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